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L’industrie automobile scrute son futur

Série prospective automobile – Point de mire sur l’avenir
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Par Jessica Ruby et Sabrina Arruda

La première ministre de l’Ontario Kathleen Wynn a prononcé vendredi dernier le 16 février, l’allocution d’ouverture de la série d’entretiens “Auto Intelligence Series”, dans le cadre du salon de l’automobile de Toronto 2018 (Canadian International AutoShow). Le panel intitulé “The Future in Focus” (Point de mire sur l’avenir) portait plus particulièrement sur les changements qui ébranlent l’industrie, les risques relatifs au libre-échange et l’envergure des investissements nécessaires pour assurer son avenir.

Mme. Wynne a lancé la discussion en portant son éclairage sur les changements qui interpellent l’industrie automobile. Elle a souligné que l’industrie automobile ontarienne entre dans une nouvelle ère au cours de laquelle elle devra surveiller ses angles morts et surtout, s’adapter au changement. Ce sujet fut d’ailleurs un thème récurrent, alors que de nouvelles forces semblent sur le point de changer la donne.

Elle a ensuite noté que le gouvernement ontarien consent des investissements majeurs à la formation liée aux technologies des véhicules autonomes, notamment à leur intelligence artificielle.

L’importance de tels investissements a trouvé son écho dans les propos des p.-d. g. des activités canadiennes de quatre grands constructeurs (Hyundai, Kia, Mercedes-Benz et Nissan), de même que ceux d’Edwin Ulak, chef des produits chez autoHEDO.net, qui nous ont tous partagé leur vision de l’automobile au Canada.

Investissements technologiques et évolution du commerce électronique

“Qui dit bouleversements et changements se réfère habituellement à nos produits, mais en réalité, ce n’est pas de ce côté que proviendront les perturbations”, a affirmé Don Romano, président et chef de la direction de Hyundai Auto Canada Corp. “Lorsque l’on observe l’industrie dans son ensemble et les perturbations qui se profilent, on constate qu’elles touchent d’abord et avant tout la façon dont les consommateurs acquerront nos produits.”

D’autres panélistes se sont joints à la conversation et ont souligné l’importance de simplifier le processus d’achat. “Jusqu’à 86% des acheteurs effectuent leurs premières recherches en ligne et 69% d’entre eux font des recherches plus poussées sur les places d’affaires en ligne” a fait remarquer M. Ulak. “Nous avons remarqué dans les deux dernières années une évolution dans l’approche des consommateurs envers les commerçants”. En effet, plusieurs études démontrent que les consommateurs souhaitent accélérer la partie du processus impliquant le commerçant, a-t-il expliqué.

L’évolution du processus d’achat automobile et l’intérêt apparemment sans bornes démontré par les consommateurs envers le commerce électronique se sont avéré les deux thèmes récurrents ces derniers mois dans l’industrie. Les constructeurs reconnaissent que les consommateurs recherchent plus de transparence et que le processus de négociation les rend mal à l’aise. Ainsi, ils proposent déjà plusieurs solutions à ces effets.

Électrification

“Il est impossible de passer sous silence les milliards de dollars investis par les constructeurs dans l’innovation et le développement technologique”, a affirmé M. Ted Lancaster, vice-président et chef de l’exploitation de Kia Canada. Les autres représentants des constructeurs ont confirmé combien l’électrification représente un domaine d’investissement prioritaire. “Tous les constructeurs souhaitent réduire les émissions de gaz à effet de serre”, a-t-il ajouté.

Malgré les changements d’apparence titanesques qui seront requis pour favoriser l’adoption de ces changements, les constructeurs sont sûrs que les consommateurs adopteront les technologies qui sauront apaiser la fameuse “angoisse de la panne électrique”. “À notre avis, les moteurs à combustion interne n’en ont plus pour longtemps”, a confirmé M. Romano.

“On remarque une croissance du nombre de recherches relatives aux véhicules électriques, mais nationalement, elles ne représentent toujours que 0,5% du total, avec une pointe de 1% au Québec”, nous a informé M. Ulak. “Bien que le taux de croissance des recherches de véhicules électriques soit phénoménal, on ne peut encore affirmer qu’il s’agit d’une tendance forte, mais ça viendra”.

On ne saurait discuter de l’avenir de l’automobile sans aborder le sujet des véhicules autonomes. Tous les constructeurs proposent déjà des véhicules équipés de régulateurs de vitesse automatiques, qui soulagent le conducteur de l’utilisation répétitive du frein et de l’accélérateur.

Les panélistes se sont toutefois entendus sur un point: ils proposent des véhicules qui procurent du plaisir de conduite et loin d’eux l’idée de rendre le conducteur passif. Toutefois, la conduite autonome comporte des aspects de sécurité, ce qui est toujours parmi les priorités des acheteurs.

Le thème central de la discussion de vendredi dernier fut sans l’ombre d’un doute l’avènement prochain d’une vague de changements. De même, les consommateurs souhaitent avoir accès à un processus d’achat plus convivial et enfin, la transition vers les véhicules électriques et autonomes semble inéluctable. Il s’agit maintenant de prédire et de constater leur rythme d’adoption.

D’ailleurs l’une des devises souvent répétées lors de la discussion fut “nous trouverons le moyen de nous adapter et de prospérer”. M. Ulak a bien résumé cette perception en concluant: “Nous nous attendons à devoir une fois de plus nous transformer rapidement afin de demeurer pertinents auprès des consommateurs”.

About the Author

Sabrina Arruda

Content Marketing Coordinator

TRADER Corporation

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